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Histoire de Gagnon à Fermont

Suite à l’épuisement du minerai de la mine du lac Jeannine, la compagnie minière Québec Cartier se doit de déménager ses opérations vers l’un des plus importants dépôts de minerais de fer au monde, celui du mont Wright plus d’une centaine de kilomètres au nord de la province. Étant située à plus de 150 km de la nouvelle mine, la ville minière, Gagnon, devra inévitablement fermer ses portes puisqu’elle n’a pas d’autre économie et que presque l’entièreté de ses résidents travaillaient à la mine du lac Jeannine.

C’est alors que Québec Quartier commande une nouvelle ville plus près de la nouvelle mine, soit la ville de Fermont. La nouvelle ville ouvrira officiellement en octobre 1974. (1) Elle fut construite dans le but de fournir logis aux employés de la nouvelle mine du Mont-Wright qui ouvra ses portes en 1975. C’est une dizaine d’années plus tard, après que la mono-industrie qui lui a permis de prendre vie ait quitté la ville de Gagnon, qu’elle ferme officiellement ses portes. (3) (1984) Cette ville du passé amène une série de questions concernant ces « villes compagnies » que l’on détruit et que l’on déménage après avoir accompli ce qu’il y avait à être accomplie à cet endroit, après avoir épuisé les ressources naturelles qui ont permis à la ville d’exister. Fermont étant aussi une ville qui n’a présentement qu’une économie, la question de l’après-mine est toujours d’actualité.

La Ville de Fermont​

Catherine Dubois

La ville de Fermont est une ville minière au nord du Québec. Située dans la région administrative de la Côte-Nord et dans la MRC de Caniapiscau, Fermont compte environ 2500 résidents. (1) Sa situation géo-climatique la positionne parmi les villes nordiques du Québec. Fermont est isolée des autres villes du Québec, la plus proche étant Baie-Comeau qui se trouve à plus de 560 kilomètres de celle-ci. (1) Elle fût conçue dans les années 50 par les architectes Norbert Schoenauer et Maurice Desnoyer. Lors de notre longue route vers Kuujjuaq, nous avons pu visiter cette ville, son mur et sa mine pour tenter de mieux comprendre les réalités nordiques, culturelles et économiques liées à celle-ci. Cet arrêt d’un peu moins de quatre jours à Fermont nous a permis de prendre connaissance de la ville et de voir un exemple québécois d’architecture et de design circumpolaire.

Carte de Fermont Catherine Dubois 2018
Architecture, conception urbaine

Tel que mentionné précédemment, ce sont les architectes montréalais Norbert Schoenauer et Maurice Desnoyer qui eurent le mandat de concevoir la ville de Fermont. Contrairement aux autres villes minières du Québec, les architectes tentèrent de concevoir une ville mieux adaptée à son contexte. (2) Fermont étant de la cinquième génération des villes minières, (2) des notions tentant de comprendre l’adaptation des habitats humains à un climat nordique avaient déjà été élaborées et les générations de villes minières précédentes avaient permises aux architectes et aux résidents de mieux comprendre les réalités du climat nordique. Avec la pensée que l’aménagement urbain devrait célébrer son climat, les concepteurs abordèrent trois concepts importants dans la conception de Fermont soit l’idée d’un développement urbain compact, celle de mur-écran permettant de protéger la ville du vent et finalement l’idée de passage piéton à climat contrôlé.

Le mur-écran de Fermont

Fermont se démarque des autres villes minières du Québec ainsi que de plusieurs villes minières dans le monde, puisqu’elle a sur son territoire, un mur-écran de 1,3 km de long servant à protéger la ville des forts vents du nord-ouest. Ce bâtiment mur en forme de flèche pointant vers le nord-ouest a été développé par les architectes dans le but de créer un microclimat favorisant l’activité humaine dans la ville. Le mur de Fermont est unique au monde, fortement inspiré des concepts de l’architecte Ralph Erskin, il accueille une multitude de fonctions allant du centre d’achat, en passant par l’aréna, jusqu’à plus de 400 unités d’habitations. (4) Il abrite à son rez-de-chaussée plusieurs équipements publics de la ville tels que centre éducatif, centre récréatif, école secondaire, école primaire, etc. On retrouve également à l’extrémité ouest du mur, l’Hôtel Fermont, seul hôtel de la ville (mise à part un petit gite nommé Le Gites d’Alexis). Aimé et détesté, admiré et critiqué, il ne reste pas moins que le mur de Fermont en fait sa renommée et forge l’identité urbaine et culturelle de la ville.

Références

  1. Notre ville, Ville de Fermont, consulté le 20/01/2018

  2. SHEPPARD, Adrian, Fermont: The Making of a New Town in Canadian Sub-artic. Architectur Symposium, Juillet 2017

  3. Un dernier effort pour maintenir la ville de Gagnon en vie, Le soleil (2015), consulté le 15/01/2018

  4. Fermont, Objectif Nord, consulté le 22/01/2018

 

Autres références