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Territoire et déchirure

 

Jacob Éthier

À l’ère du transport aérien, le territoire s’aplanit. Les vastes étendues de terre, de montagnes, de rivières et de lacs deviennent abstractions et images. Cependant, avant cette période contemporaine, les déplacements dans le territoire innu et inuit étaient d’une tout autre mesure pour les peuples autochtones. Rivières, fleuves et lacs ouvraient la voie pour permettre le déplacement au travers du paysage.

Le territoire, déchiré par le mouvement des glaciers, est marqué d’une « autoroute » traversant la province de haut en bas. Formée d’une multitude de grands lacs et de rivières, cette route fut un lien important entre les différentes nations du Sud et du Nord et permit l’accès au vaste territoire du Québec.

Les vues aériennes que montrent les satellites donnent des indices intéressants sur cette « autoroute » qui retrace l’histoire des voyages au temps des canots et des kayaks. Les empreintes de glaciers mènent directement de Kuujjuaq en partant du détroit d’Hudson pour se rendre jusqu’à Labrador City, Fermont ou Ashuanipi. Bien sûr, l’intérêt pour cette route n’est plus la même, mais reste tangible dans pour l’emplacement géographique des villes et villages du Nunavik. Elle retrace un passé et une histoire qui sont gravés à même les entrailles de la Terre.