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La chasse et la pêche chez les Innus

Sam Perrussel

Des pratiques telles que la chasse et la pêche ont encore une présence très forte dans la culture innue, et des personnes telles que Jean-Baptiste Laurent, directeur des services techniques et Lucien Mckenzie, chargé de projet au développement économique du Conseil de la Nation innue Matimekush-Lac John tentent même de mettre en place un tourisme spécialisé tourné autour de la culture innue, et des activités comme ces dernières. Avec un fusil de chasse dans les mains à 10 ans et un enseignement se faisant entre les générations, ces pratiques sont un moyen de renouer avec leurs racines et la communauté en général, utilisant ainsi des techniques ancestrales de pêche et de chasse, les Innus ont su conserver leurs traditions. En effet, la plupart des chasses au caribou se terminent en distribuant des parties du gibier aux personnes âgées et aux plus démunis, à la fois pour aider, mais aussi assurer une chasse fructueuse lors de la prochaine sortie.

Même si le regard occidental sur la chasse est différent de celui des Innus, il ne faut pas oublier que lorsque les populations de caribous diminuèrent, les populations nordiques raisonnèrent alors leurs chasses afin de préserver la faune locale. De plus, les récompenses de ces chasses servent dans leur totalité (viande, os, peau, etc.), rien n’est laissé, et la quantité de proies chassées sont surveillées. Bien que les Innus chassent dans ces territoires, ils ne sont pas seuls, car les Cri, mais aussi des chasseurs du sud du Québec se partage ce territoire à présent menant parfois à des affrontements avec les chasseurs québécois, et les communautés innues n’ont pas toujours étaient supportées. Toutefois en 2011, le gouvernement du Québec aura introduit de nouvelles modalités de prélèvement lors des chasses, privilégiant les Innus sur de nombreux points. Le document dit notamment « Les Innus auront une priorité de prélèvement à des fins alimentaires, sociales et rituelles pour toutes les espèces. Les Innus auront une priorité de prélèvement à des fins de subsistance pour les espèces autres que celles sous un régime structuré de gestion et ils pourront les vendre. Le concept de subsistance n'est pas défini ». Et enfin, le 21 décembre 2016, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. Luc Blanchette a annoncé la fermeture de la chasse au caribou migrateur du Québec à compter du 1er février 2018 (ce qui n’aura pas été sans réaction de la part des chasseurs québécois). La chute de la population du troupeau de la rivière aux Feuilles (aujourd’hui, de seulement 199 000 bêtes inquiète autant le gouvernement que les autochtones. « La situation des caribous du troupeau de la rivière aux Feuilles est préoccupante. Notre gouvernement a donc la responsabilité d’appliquer des mesures de gestion qui permettront de favoriser la pérennité d’une espèce de grande importance pour les écosystèmes nordiques et pour les Autochtones du Québec » la ministre a-t-elle dit. Dans le même temps, les nations Cri, Inuite et Naskapie continuent leur récolte annuelle de caribou afin de récolter un maximum d’informations utiles au recensement et à la préservation de cette espèce endémique à la région et à la culture nordiques, tout cela permettant une saine gestion des troupeaux de caribous migrateurs.

Les explications de Jean Baptiste sur la chasse et la pêche dans sa tente dans la forêt enneigée de Schefferville nous auront permis de comprendre plus en profondeur les objectifs futurs et les motivations de ces hommes attachés à leurs traditions, leur culture et leur terre.

Références

  1. Chasse à l'orignal: d'abord les Innus, Le Quotidien, consulté le 09/04/2018

  2. Fin de la chasse au caribou: les pourvoyeurs du Nord-du-Québec lancent un cri d’alarme, Le Journal de Québec, consulté le 14/04/2018

  3. Fermeture de la chasse sportive au caribou migrateur, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, consulté le 14/04/2018